Voir son chien filer sur le sable, respirer l’air salé et échanger quelques mots avec un voisin : pour de nombreux habitants du Pays basque, ce petit rituel compte autant qu’une promenade. Aujourd’hui, ces moments sont menacés par l’interdiction des chiens sur les plages de Saint-Jean-de-Luz et Ciboure. Un collectif se mobilise pour leur retour, et la tension monte à l’approche des municipales.
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Une pétition, des signatures et une action symbolique
Au début du mois, un groupe d’environ une dizaine de résidents de la baie a lancé une pétition en ligne. Publiée sur la plateforme mesopinions.com, elle réclame le rétablissement des chiens sur le sable durant la hors‑saison. La démarche recueille déjà près de 8 000 signatures, un chiffre qui interpelle.
Récemment, des propriétaires ont organisé une sortie collective sur la plage. Rapidement, la police est intervenue pour demander au groupe de remonter sur la promenade. Les manifestants ont joué la provocation douce : ils revendiquent une « manifestation canine » pour faire entendre leur voix.
Les arguments des propriétaires
Le premier argument mis en avant est simple et humain : la plage reste, pour eux, un espace privilégié de liberté pour l’animal et de rencontre pour les personnes. Beaucoup expliquent que ces balades ont permis de tisser des liens sociaux durables. Pour des retraités ou des jeunes couples, ces échanges valent souvent plus qu’une activité organisée.
Deuxième argument : la question de la propreté. Les propriétaires assurent qu’ils ramassent systématiquement les déjections avec des sacs. Ils observent, selon eux, que la plage en hiver est peu fréquentée et qu’on y voit peu de déchets organiques laissés par les chiens.
La réponse des communes et l’application de l’interdiction
Les mairies de Saint-Jean-de-Luz et Ciboure maintiennent l’interdiction. Des équipes policières effectuent des rondes plusieurs fois par jour pour faire respecter la règle. Quand des promeneurs s’installent sur le sable en signe de protestation, ils se voient rappeler l’arrêté municipal et sont invités à regagner la promenade.
Le collectif rapporte aussi un épisode antérieur : il a proposé aux élus des campagnes de sensibilisation et la mise à disposition de sacs pour les crottes. Selon les plaignants, la proposition a été refusée. Le maire de Ciboure, Eneko Aldana‑Douat, avait déjà été rencontré il y a quelques années, mais sans aboutir à un compromis durable.
Ce que demande le collectif
Les manifestants réclament principalement une tolérance saisonnière. Concrètement, ils souhaitent pouvoir circuler avec leur chien sur la plage pendant les six mois où celle‑ci est peu fréquentée. Ils espèrent aussi que les candidats aux élections municipales saisiront le sujet et proposeront des mesures pragmatiques.
Parmi les idées portées dans les discussions figurent : des plages accessibles hors saison, des campagnes ludiques de sensibilisation, et des distributeurs de sacs. L’objectif est d’équilibrer liberté et respect des lieux.
Que pouvez‑vous faire si le sujet vous touche ?
Si vous vivez dans le secteur ou fréquentez la baie, plusieurs options s’offrent à vous. Vous pouvez signer la pétition pour renforcer le signal envoyé aux élus. Vous pouvez écrire aux candidates et candidats pour demander des propositions claires sur la question.
Vous pouvez aussi agir localement : ramasser systématiquement les déjections, respecter les horaires et les zones, et encourager le dialogue entre riverains. Ces gestes simples facilitent toujours la recherche d’un compromis.
Une question de société, pas seulement de règlement
Au-delà du texte d’un arrêté, le débat révèle une tension plus large. D’un côté, la volonté d’un littoral propre et sûr pour tous. De l’autre, le désir d’espaces partagés qui permettent le lien social gratuit et quotidien. Face aux municipales, le dossier pourrait bien devenir un vrai sujet de campagne.
Voir son chien courir sur le sable est, pour beaucoup, « un plaisir irremplaçable ». Reste à trouver, ensemble, des solutions qui respectent les usagers, les animaux et l’environnement.


